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Troubles de l’érection et troubles de l’évacuation : une étude de la Mayo Clinic relie les deux

Les troubles de l’érection et les difficultés pour aller à la selle sont deux sujets que beaucoup d’hommes taisent en consultation. Une étude présentée cette semaine au congrès annuel de l’American College of Gastroenterology (ACG), du 12 au 14 octobre 2026 à Nashville, montre qu’ils vont souvent ensemble. Chez les hommes examinés pour des troubles de l’évacuation, près de 38 % avaient aussi des troubles de l’érection.

Une étude menée sur 717 hommes à la Mayo Clinic #

Le travail a été présenté par le Dr Syed Matthew Kodilinye, gastroentérologue en formation à la Mayo Clinic de Scottsdale (Arizona). Le site médical Healio en a rendu compte le 13 octobre. L’équipe a repris les dossiers des hommes adultes passés par une manométrie anorectale haute résolution et un test d’expulsion du ballonnet entre 2017 et 2025. Ces deux examens mesurent la façon dont le rectum et les muscles du périnée travaillent au moment d’évacuer les selles.

Sur 717 hommes, 271 présentaient des troubles de l’érection, soit 37,8 %. Les chercheurs ont ensuite comparé ces patients aux autres pour voir ce qui les distinguait.

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Ce qui distingue les hommes concernés #

L’âge ressort d’abord : 68 ans d’âge médian chez les hommes avec des troubles de l’érection, contre 46 ans chez les autres. Ils avaient aussi plus souvent des maladies cardiovasculaires, des troubles psychiatriques, des problèmes de prostate et des symptômes urinaires.

L’incontinence fécale était presque deux fois plus fréquente : 33,2 % contre 18,2 %. Même en tenant compte de l’âge, les troubles de l’érection restaient associés aux troubles psychiatriques, à l’incontinence fécale, aux symptômes urinaires et aux affections de la prostate.

À l’inverse, la constipation et le syndrome de l’intestin irritable n’étaient pas plus fréquents dans un groupe que dans l’autre. Surtout, une fois l’âge pris en compte, les mesures de pression anorectale et les résultats du test du ballonnet ne différaient pas de façon significative. Autrement dit, le lien ne passe pas par un « mauvais fonctionnement » mesurable du rectum.

Des facteurs différents selon l’âge

Chez les plus jeunes (moins de 45 ans selon le compte rendu), le diabète était le facteur le plus fortement lié aux troubles de l’érection. Venaient ensuite les symptômes urinaires et une hypersensibilité du rectum, c’est-à-dire une perception exagérée du remplissage rectal.

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Au-delà de 45 ans, c’est la maladie de la prostate qui pesait le plus, devant les symptômes urinaires et les troubles psychiatriques.

Une même zone nerveuse, un même cerveau #

Pour expliquer ce lien, le Dr Kodilinye rappelle une donnée d’anatomie : le rectum et le pénis reçoivent leurs nerfs des mêmes segments sacrés de la moelle épinière. Chez les hommes jeunes, l’association entre hypersensibilité rectale et troubles de l’érection pourrait traduire un problème sensoriel commun au bassin, ou une façon différente dont le cerveau traite les signaux venus de cette zone. Les auteurs parlent d’un axe « cerveau-intestin-bassin » déréglé.

Il souligne aussi un angle mort de la recherche. Selon nos traductions de ses propos rapportés par Healio, la plupart des connaissances sur les troubles de l’évacuation viennent d’études menées sur des femmes. Les hommes, eux, restent peu étudiés.

Ce que cela change pour les patients #

La conclusion pratique de l’équipe est simple. Lors d’une consultation pour des troubles digestifs bas, le médecin devrait poser systématiquement une question sur la vie sexuelle. « C’est une question, cela prend quelques secondes, et beaucoup d’hommes n’en parleront pas d’eux-mêmes », a résumé le Dr Kodilinye (notre traduction). Les troubles de l’érection sont encore trop souvent vus comme une conséquence normale de l’âge, et donc ni dépistés ni orientés.

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Ce réflexe rejoint ce que disent déjà les références médicales. Le Manuel MSD rappelle que la plupart des troubles de l’érection sont « liés à des troubles vasculaires, neurologiques, psychologiques ou hormonaux », et que les médicaments peuvent aussi jouer. Il note que la forme vasculaire « peut souvent être le premier signe d’une maladie cardiovasculaire ». Il cite aussi les complications de la chirurgie pelvienne, comme la prostatectomie radicale, parmi les causes fréquentes.

Les limites de l’étude

Il s’agit d’une analyse rétrospective, menée dans un seul centre spécialisé, sur des hommes déjà adressés pour des symptômes digestifs. Les résultats ne disent donc rien de la fréquence des troubles de l’érection dans la population générale. Ils montrent des associations, pas des causes. Enfin, c’est une communication de congrès : elle n’a pas encore été publiée en version complète dans une revue à comité de lecture.

En parler, des deux côtés #

Pour un homme qui consulte pour une constipation qui dure, des fuites ou une sensation d’évacuation incomplète, cette étude est une raison de mentionner aussi ses difficultés d’érection, et l’inverse. Les deux problèmes peuvent signaler un diabète, une maladie de la prostate, un trouble urinaire ou une souffrance psychologique qui méritent un bilan.

Seul un médecin peut faire ce bilan et, s’il y a lieu, prescrire un traitement adapté. Les médicaments de la dysfonction érectile ne doivent pas être pris sans avis médical, surtout en cas de maladie cardiaque ou de traitement en cours.

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