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Ozempic, Mounjaro et troubles de l’érection : ce que montrent les signalements américains

Les traitements de la famille des analogues du GLP-1, comme le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et le tirzépatide (Mounjaro), sont désormais prescrits à grande échelle contre le diabète de type 2 et l’obésité. Une question revient régulièrement chez les hommes qui les prennent : ces médicaments peuvent-ils jouer sur l’érection ? Une analyse de pharmacovigilance mise en ligne le 29 octobre 2026 dans la revue Endocrine apporte un élément nouveau, à manier avec précaution.

Une étude fondée sur les signalements américains #

Le travail, signé par un chercheur de l’université Toros, à Mersin (Turquie), s’appuie sur la base FAERS de l’agence américaine du médicament (FDA). Cette base rassemble les déclarations spontanées d’effets indésirables envoyées par des patients, des soignants et des laboratoires. Selon le résumé indexé sur PubMed, l’auteur a analysé les déclarations transmises entre janvier 2022 et juin 2026.

Après suppression des doublons, 215 337 déclarations uniques ont été retenues. Parmi elles, 60 423 concernaient le sémaglutide seul et 143 126 le tirzépatide seul. L’objectif principal était de comparer les deux molécules sur les effets digestifs, rénaux et oculaires, la chute des cheveux, les effets graves et la mortalité.

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Le signal sur l’érection #

Dans une analyse dite exploratoire, limitée aux déclarations concernant des hommes, les troubles de l’érection apparaissent dans 92 des 16 673 déclarations liées au sémaglutide, contre 46 des 27 321 déclarations liées au tirzépatide. Rapporté au volume de chaque médicament, ce trouble était donc proportionnellement plus souvent déclaré avec le sémaglutide, avec un rapport de cotes de déclaration de 3,29, selon l’article publié par l’éditeur.

Les chiffres bruts restent modestes : quelques dizaines de cas déclarés pour des dizaines de milliers de signalements. Surtout, l’auteur lui-même prend soin de préciser que ce résultat est exploratoire et qu’il sert à formuler une hypothèse, pas à la démontrer.

Ce que l’étude ne dit pas

Une base de déclarations spontanées ne permet pas de calculer un risque. On ne connaît ni le nombre total d’hommes traités, ni leur état de santé avant le traitement. Un signalement ne prouve pas que le médicament est en cause : il indique seulement qu’un patient ou un soignant a fait le lien. Les conclusions du résumé le disent clairement : les résultats reflètent des déclarations spontanées, pas un risque clinique comparé ni une relation de cause à effet, et ils doivent être confirmés par des études en population.

Il faut aussi garder en tête un point important : le diabète et l’obésité, que ces médicaments traitent, figurent eux-mêmes parmi les causes fréquentes de troubles de l’érection. Les hommes qui reçoivent ces traitements ont donc, au départ, plus de risque d’en souffrir, indépendamment de tout effet du médicament.

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Les autres écarts relevés entre les deux molécules #

L’analyse principale montre d’autres différences de profil de déclaration. Le sémaglutide était proportionnellement plus souvent associé à des troubles de la vidange gastrique, des occlusions intestinales, des insuffisances rénales aiguës, des pancréatites, des vomissements et des neuropathies optiques ischémiques. La chute des cheveux était à l’inverse un peu plus souvent signalée avec le tirzépatide. Là encore, l’auteur insiste sur le caractère descriptif de ces écarts.

En France, une surveillance déjà renforcée #

Les analogues du GLP-1 font l’objet d’un suivi particulier en France. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) indique maintenir une surveillance renforcée et continue de leur sécurité d’utilisation. Les centres régionaux de pharmacovigilance de Montpellier et Limoges mènent une enquête nationale élargie à toute la classe, portant sur les effets indésirables graves déclarés.

Chaque déclaration compte dans ce dispositif. Un patient peut signaler lui-même un effet indésirable qu’il attribue à un médicament sur le portail officiel de signalement des événements sanitaires indésirables, ou en parler à son médecin ou à son pharmacien, qui peuvent le faire à sa place.

Que faire si vous êtes concerné #

Si vous prenez un de ces traitements et constatez une baisse de vos érections, la première règle est de ne pas arrêter le médicament de vous-même : un arrêt brutal peut déséquilibrer un diabète ou faire reprendre du poids rapidement. Parlez-en à votre médecin. Il pourra faire le point sur les autres causes possibles (glycémie, tension artérielle, taux de testostérone, autres médicaments, fatigue, stress) et voir si un ajustement est envisageable.

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Si un traitement contre les troubles de l’érection est envisagé, il doit être prescrit après un bilan, notamment cardiovasculaire, et jamais acheté sur un site non autorisé. Les médicaments vendus hors circuit pharmaceutique peuvent être contrefaits ou mal dosés, un risque d’autant plus sérieux chez les personnes diabétiques.

Cette nouvelle analyse ne change pas les recommandations en vigueur. Elle ajoute une piste à explorer, que des études menées sur des populations bien suivies devront confirmer ou écarter.

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