Novembre commence demain, et avec lui Movember, le mois consacré à la santé des hommes. Cette année, l’Institut Curie et l’Institut Montsouris l’ont précédé d’une annonce : le 28 octobre, les deux établissements parisiens ont présenté l’Institut d’Onco-urologie Curie-Montsouris, une filière commune pour les cancers de la prostate, du rein, de la vessie et des testicules. L’annonce parle d’organisation des soins, mais elle touche aussi un sujet qu’on aborde peu en consultation : ce que devient l’érection après un cancer de la prostate.
Plan de l'article
Ce qui a été annoncé le 28 octobre #
Selon le communiqué de l’Institut Curie, le nouvel institut sera présenté officiellement lors d’une soirée de lancement le 5 novembre 2026. Trois médecins le dirigent ensemble : le Pr Gilles Créhange, chef du département d’oncologie radiothérapie de Curie, le Dr Mostefa Bennamoun, oncologue médical à Curie, et le Pr Xavier Cathelineau, chef du département d’urologie de Montsouris.
Ce rapprochement prolonge la reprise de l’Institut Montsouris par l’Institut Curie et l’hôpital Foch en 2025. Concrètement, les deux hôpitaux remplacent leurs circuits distincts par des référentiels médicaux communs et des réunions de concertation pluridisciplinaire partagées. Des consultations avancées d’oncologie médicale et de radiothérapie assurées par des médecins de Curie seront proposées sur le site de Montsouris. SeniorActu précise l’adresse : 42 boulevard Jourdan, dans le 14e arrondissement.
À lire Cancer de la prostate : les ultrasons focalisés préservent-ils mieux l’érection ?
Le communiqué donne quelques repères chiffrés. En 2024, 800 cancers de la prostate ont été traités par radiothérapie à Curie, dont plus de 300 adressés par Montsouris. Les deux établissements mènent déjà 29 essais cliniques actifs dans les cancers urologiques, et 7 autres études sont en cours de recrutement.
Pourquoi cela concerne directement la vie sexuelle #
Le cancer de la prostate est souvent découvert tôt. L’Institut Curie indique que, dans plus de 80 % des cas, il est localisé au moment du diagnostic. C’est justement là que se pose le choix le plus lourd de conséquences pour la vie intime : opérer, traiter par les rayons, ou parfois simplement surveiller.
Ces options n’ont pas les mêmes effets. L’Assurance maladie le rappelle sur sa page « Bien vivre suite à un cancer de la prostate » : les troubles de l’érection, parfois temporaires, sont fréquents après une prostatectomie, une radiothérapie ou sous hormonothérapie. La même page précise que l’ablation des vésicules séminales lors d’une prostatectomie totale supprime l’éjaculation, ce qui entraîne une infertilité.
Dans son dossier publié pour Movember 2026, l’Institut Curie écrit que l’un des enjeux de la prise en charge est de préserver la prostate afin d’éviter l’incontinence urinaire et les troubles sexuels. C’est possible quand le cancer est très localisé, et la radiothérapie ou la curiethérapie sont alors privilégiées.
À lire Andropause et érection : pourquoi les comprimés de type Cialis peuvent perdre en efficacité
Chirurgie robotique, rayons, thérapies focales
Le nouvel institut réunit justement des savoir-faire qui pèsent sur ce choix. Curie revendique le plus grand plateau de radiothérapie de France, avec la radiothérapie stéréotaxique et la curiethérapie prostatique. Montsouris est connu pour la chirurgie robotique et les thérapies focales, qui ne traitent que la zone malade de la prostate.
Sur les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU), l’Assurance maladie indique dans sa page sur le traitement du cancer de la prostate que les risques d’incontinence et de troubles de la fonction érectile sont moins importants qu’après la chirurgie. Cette technique ne convient pas à tous les patients : la Haute Autorité de santé la réserve à certains cancers localisés.
Ce que change une réunion de concertation partagée, c’est que le chirurgien et le radiothérapeute examinent le même dossier ensemble. Pour un homme qui tient à préserver sa sexualité, c’est le bon moment pour le dire. Ce critère compte dans la décision, au même titre que l’âge, l’agressivité de la tumeur ou l’état de santé général.
Parler de l’érection avant le traitement, pas après #
Beaucoup d’hommes découvrent les effets sur leur sexualité une fois le traitement terminé. Ils n’osent pas toujours en parler ensuite. L’Assurance maladie encourage pourtant à aborder les problèmes sexuels avec le cancérologue ou le chirurgien urologue. Quelques questions méritent d’être posées dès la consultation d’annonce :
À lire Roxus, le spray nasal au vardénafil contre les troubles de l’érection, arrive aux États-Unis
Quel est mon risque personnel ? Il dépend de la technique proposée, de l’étendue de la tumeur et de la qualité des érections avant le traitement. Seule l’équipe qui connaît le dossier peut répondre.
Quelles sont les alternatives pour mon cas ? Surveillance active, chirurgie, radiothérapie externe, curiethérapie, ultrasons focalisés : toutes ne sont pas proposées à tous, mais il est utile de savoir pourquoi l’une est recommandée plutôt qu’une autre.
Quel accompagnement après ? Le communiqué de Curie mentionne des parcours dédiés à la gestion des effets secondaires et aux soins de support. Demander s’il existe une consultation de sexologie ou d’andrologie dans le parcours est légitime.
Les traitements des troubles de l’érection restent possibles #
Un trouble de l’érection après un cancer de la prostate n’est pas une fatalité. L’Assurance maladie cite les solutions disponibles : comprimés, injections intracaverneuses, prothèse pénienne. Les comprimés de la famille du sildénafil ou du tadalafil, dont il est souvent question sur ce site, en font partie. Ils ne se prennent que sur prescription, après avis médical : leur efficacité dépend notamment de l’état des nerfs après l’intervention, et ils ont des contre-indications, en particulier avec certains médicaments cardiaques.
À lire Dysfonction érectile chez le jeune homme : causes, symptômes et solutions efficaces
Il vaut mieux éviter les produits vendus en ligne comme « naturels » ou sans ordonnance. Ils contiennent parfois des principes actifs non déclarés, et leur prise sans suivi n’est pas anodine après un traitement lourd.
Movember, l’occasion d’en parler #
Le lancement du 5 novembre concerne d’abord les patients d’Île-de-France. Le message vaut pour tous : un cancer de la prostate pris tôt laisse souvent le choix entre plusieurs traitements, et ce choix se fait mieux quand la question de la sexualité est posée dès le début. Movember sert aussi à cela, lever un tabou en en parlant à son médecin, à son urologue, ou simplement à son entourage.




